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J’ai testé: la détox digitale

par Audrey

« La détox digitale… c’est quoi ce truc encore ?! » J’en avais déjà pas mal entendu parler comme d’une nouvelle formule de vacances pour cadres surbookés, avec des activités, des feux de camp, de la méditation… autant dire que j’avais gentiment ricané tant je trouvais le concept stupide, comme s’il fallait réserver des vacances estampillées « détox digitale » pour se décoller des écrans et de son téléphone et que la volonté n’y était pour rien dans le processus… la blague !

J’en avais également entendu parler de manière beaucoup plus raisonnée dans des articles courts qui avaient tous pour leitmotiv le fait que l’on pouvait être beaucoup plus efficace au travail et beaucoup plus serein dans sa vie de tous les jours en réduisant le « temps inutilement passé devant un écran ». Au fur et à mesure de mes lectures, j’ai vraiment eu envie de revoir complètement la manière dont les écrans rythmaient mon quotidien ; les deux aspects (efficacité et sérénité) m’intéressant dans des proportions égales.

Je ne sais pas vraiment ce qui a été le déclic sur le sujet, mais finalement j’ai décidé de me lancer ! En début d’année, je me suis dit que j’allais tout changer et un peu lâcher prise sur les écrans. Ou du moins, les utiliser autrement et de manière moins systématique. Sur le coup, je me disais qu’au pire, je ferais un peu moins de choses impliquant un écran, mais que d’autres activités (re)trouveraient rapidement leur place dans le programme de mes journées.

Etape 1: désactivation méthodique des notifications

Je me suis d’abord attaquée aux notifications qui arrivaient en permanence sur mes deux téléphones. Les notifications arrivant en grand nombre et en permanence (en fonction du nombre d’applications installées), il était difficile de diminuer le temps passé à scruter mon téléphone en le laissant faire le sapin de Noël à côté de moi toute la journée. J’avais consacré un article dédié à cette première étape, n’hésitez pas à y jeter un oeil.

Pour résumer: avec beaucoup de notifications en moins, j’étais déjà moins tentée d’aller voir ce qui avait déclenché un bip quelconque sur mes deux téléphones.

Etape 2: combien d’heures de ma journée devant des écrans ?

J’ai entamé une petite évaluation de mon rapport aux écrans, afin de voir à peu près où je me situais. Je travaille sur au minimum 2 écrans (ordinateur et téléphone) au minimum 8 heures par jour. Jusque là, rien de plus extraordinaire que ce que vit une grande majorité de travailleurs. La majeure partie des tâches que j’effectue pendant mes heures de travail sont informatisées. Malgré un usage systématique du papier lorsque c’est possible (notes de réunion, mémos, to-do lists sur post-it…), je passe malgré tout beaucoup de temps devant des écrans.

À ce temps passé des écrans, s’ajoute chaque jour un petit supplément lié à mes activités et projets personnels qui n’arrange pas le Schmilblick:

  • codage / webdesign : cela mobilisait peu de temps à une époque mais avec tous les projets que j’ai sur le feu, cela représentait 2h de plus devant mon écran
  • retouche photo / montage vidéo : je fais beaucoup de photos / vidéos quand je pars me promener le weekend. Je dérushe et traite tout très souvent le soir en semaine, ce qui représentait parfois 1h de plus devant mon écran
  • lecture : des ebooks à la pelle, souvent une bonne grosse vingtaine sur ma tablette… mais combien en cours de lecture et depuis combien de temps ? Je n’y consacre plus autant de temps qu’il y a quelques années, 30min à tout casser parce que je n’aime pas le support numérique pour la lecture…
  • écriture : c’est mon moment de détente, celui pendant lequel mon imagination stimulée toute la journée peut enfin s’exprimer ! Suivant ce sur quoi j’écris, c’était souvent 2h de plus devant mon écran chaque jour
  • recherches diverses / veille : en comptant très large, ça représentait environ 1h à tout casser, répartie sur la journée
  • MOOCs : je consacre beaucoup de temps à l’auto-formation non seulement sur mon métier, mais également sur d’autres domaines connexes (e-commerce, RH…). Suivant les jours, cela varie entre 30min et 1 heure
  • séries / films : c’était la dernière étape avant d’aller au lit. Les séries / films et autres Late Shows américains (notamment celui de Stephen Colbert) me tenaient encore éveillée 1h supplémentaire
  • surveillance : métier oblige, j’avais jusqu’ici constamment l’oeil sur mes communautés, « juste au cas où »…
  • zonage : que faîtes-vous avant de vous endormir le soir ? Moi, je parcourais Twitter, Instagram et lisais des articles sur Medium…

Etape 3: désillusion

Quand j’ai fait l’addition de toutes ces heures passées devant des écrans, j’ai d’abord été amusée. Avant de rapidement commencer à me justifier pour moi-même. « Oui mais je bosse dans le digital », « oui mais c’est un projet important » ou encore le très célèbre « je dois checker un truc pour le taff, ça prendra 2 minutes » qui se solde généralement par 45min FACILE à gérer un truc bien relou qui aurait tout aussi bien pu attendre le lendemain.

Bon, quelque part je me dis que si mon premier réflexe est de me justifier quand on me parle de ce temps de connexion c’est que quelque chose cloche et qu’inconsciemment, peut-être que mon rythme et mon rapport aux écrans n’étaient peut-être pas autant sous contrôle que ce que je pensais… Il y a quelques mois et malgré ma posture un peu défensive sur la question, ce temps investi me paraissait tout à fait normal.

Je me suis souvenue de ces vacances passées au milieu d’une forêt, sans électricité, sans réseau ni wifi, sans rien d’autre que nous, des chênes centenaires et le bruit du vent dans les feuilles. J’ai repensé à tout ce que j’avais de nouveau pris le temps de (re)faire et du plaisir que j’en avais éprouvé, faisant de ces vacances les meilleures passées depuis des années. Et pourtant, je n’ai pas chômé: j’ai écrit dans un bon vieux cahier, j’ai lu 3 bouquins différents la première semaine, pris le temps de flâner dans la forêt plutôt que d’envoyer des messages aux ami(e)s qui n’étaient pas là… Dans ces circonstances, difficile de regretter l’absence des écrans, mais au quotidien et en dehors du cadre très libre des vacances ?

Etape 4 : séparation

Aucun écran n’a été blessé au cours de cette troisième étape de ma détox digitale, au contraire: chacun a retrouvé sa « vraie » place. Aussitôt rentrée, les téléphones pro/perso trouvent maintenant naturellement leur place dans le vide poche de l’entrée, qui a lui aussi trouvé son utilité: c’est un peu bête: il est censé accueillir mes clés mais je trouve toujours le moyen de les poser n’importe où (et de les chercher pendant 10min le lendemain matin… #organisation).

Je n’étais à la base pas une grosse accro au téléphone, du coup je n’ai pas trop eu à forcer pour les laisser à une place fixe, tout comme je n’ai pas eu à m’interdire de les déplacer de pièce en pièce avec moi. En revanche, j’ai eu plus de travail pour le bannir de ma chambre à coucher. Utilisé comme réveil depuis à peu près 3 ans, c’était la mauvaise excuse parfaite pour l’avoir tout le temps à portée de main, avec tous les abus que cela suppose: consulter mon téléphone était la dernière chose que je faisais avant de m’endormir, et également la première chose que je faisais en me levant. Niveau bonnes habitudes, il y avait clairement mieux… ! Du coup, retour au bon vieux réveil, ZOU !

En plus du téléphone, j’ai également banni tous les écrans de ma chambre à coucher après 21h. Le Mac qui m’accompagnait parfois jusque tard dans la nuit a trouvé sa place sur mon bureau. Si je souhaite travailler jusque tard dans la nuit sur un projet particulier, je m’installe au salon. La tablette sur laquelle il m’arrivait de lire ebooks / articles juste avant de m’endormir a également retrouvé sa place au salon, ou « n’importe où mais pas dans la chambre ». Après plusieurs années de mauvaises habitudes, la chambre est (enfin) redevenue une pièce neutre.

Etape 5 : bilan

S’il faut tirer un bilan de ces 5 premiers mois de détox digitale, c’est franchement positif ! Avec quelques règles simples, ma « consommation de temps d’écran » a bien diminué. Et du coup, à quoi j’occupe mes soirées ? Il m’arrive toujours de faire tout ce que j’ai indiqué dans la liste un peu plus haut, mais de manière plus étalée dans la semaine et sur un volume horaire beaucoup moins important.

En reconfigurant l’organisation de mon temps libre et en éliminant les périodes de « glandouille devant un écran », j’ai dégagé pas mal de temps pour faire davantage de sport (du yoga, essentiellement) et reprendre l’écriture un peu plus assidument que ces 3 dernières années. J’ai également beaucoup plus de temps pour lire en version papier et je termine en moyenne deux gros livres par semaine ! (je ne vous parle pas de l’augmentation du budget lecture, ahah).

J’ai constaté aussi une amélioration de la qualité de mon sommeil (je m’endors plus facilement, plus tôt et ne me réveille plus la nuit là où c’était un peu plus compliqué avant) et de ma concentration au quotidien. Cette expérience est une réussite sans nécessairement avoir nécessité des changements drastiques dans mon rythme de vie… je pense la laisser se poursuivre dans le temps et voir quels autres bénéfices je peux tirer de la détox digitale.

Quel est votre rapport aux écrans ? Avez-vous de mauvaises habitudes dont vous souhaitez vous débarrasser ? Avez-vous déjà essayé de changer vos habitudes ? Est-ce que la « détox digitale » vous paraît être une bonne méthode ?

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